Sous la ceinture : unis pour vaincre la culture du viol – Sous la direction de Nancy B.-Pilon

Je repousse depuis un bout de temps l’écriture d’un article sur le collectif Sous la ceinture : unis pour vaincre la culture du viol, à cause de cette expression qui soulève débats, colère et incompréhension. C’est un sujet tellement sensible et délicat! Mais l’occasion est finalement arrivée d’elle-même la semaine dernière avec le vote du Sénat de l’Alabama pour le projet de loi le plus répressif des États-Unis concernant l’avortement. Quel est le lien avec la culture du viol me demandez-vous? C’est que le texte du projet de loi « interdit la quasi-totalité des interruptions volontaires de grossesse, même en cas d’inceste ou de viol ». Comme quoi, nous, les femmes, ne disposons pas du contrôle de nos corps et d’autres peuvent en faire ce qu’ils veulent, puisqu’ils n’en subissent pas les conséquences… Lire à propos de la culture du viol, c’est révoltant, confrontant aussi, mais tellement nécessaire! Il faut qu’on prenne conscience de cette situation afin d’éviter de telles régressions dans nos lois qui mettent en danger la sécurité des gens.

 

Sous la ceinture : unis pour vaincre la culture du viol, collectif polyforme sous la direction de Nancy B.-Pilon
Sous la ceinture : unis pour vaincre la culture du viol , B PILON, NANCY & AL © QUEBEC AMERIQUE, 2016

 

EN BREF

Sous la ceinture : unis pour vaincre la culture du viol est un recueil de textes polyforme pour ouvrir le dialogue à propos du viol et des comportements qui nourrissent cette culture, un sujet trop longtemps réduit au silence. Les textes – des nouvelles, des poèmes, des témoignages, de courtes réflexions – écrits par des hommes et des femmes présentent des avis variés sur le phénomène et montrent que cette culture insidieuse se trouve partout.

 

MON AVIS EN QUELQUES POINTS

  • Quand j’ai acheté ce livre, je savais que ce serait une lecture difficile. On ne peut pas vraiment « aimer » lire sur le sujet. Ça fait mal, c’est bouleversant, ça lève le cœur par moment. J’ai déposé le livre quelque fois pour me changer les idées. Néanmoins, je l’ai terminé et je suis contente de l’avoir lu. J’ai appris et je comprends mieux le phénomène.
  • Je pense que ce qui facilite la lecture du livre, c’est le fait qu’il s’agisse d’un collectif. Les textes prennent différentes formes, montrent une diversité de points de vue et ne s’étendent que sur quelques pages. Si on aime moins un texte, on passe à un autre, tout simplement. Ça « change le mal de place » comme on dit.
  • De plus, ce qui aide à passer au travers, c’est le talent des auteurs et des auteures. Ils et elles savent manier les mots pour nous faire ressentir, nous faire réfléchir. L’art de trouver les bons mots pour faire passer un sujet aussi lourd. Écrire sur la culture du viol n’est certainement pas plus facile que lire là-dessus. Je lève mon chapeau à ces artistes, car écrire ce collectif est assurément un exploit!
  • Enfin, j’ai beaucoup aimé lire des textes d’hommes et de femmes sur le sujet. La culture du viol est un phénomène de société qui touche tout le monde, même si ce sont plus souvent les femmes qui en sont victimes. Lire le point de vue masculin m’a touché et beaucoup plu.

 

MES CITATIONS FAVORITES

« Depuis plusieurs mois, je cherche mon air chaque fois que j’écoute un bulletin de nouvelles, que je lis un journal, que je navigue dans les médias sociaux. Depuis plusieurs, plusieurs – trop de – mois, je me dis que ça suffit, qu’il faut que ça cesse, qu’on doit renverser la vapeur et vite. Qu’on a atteint une limite. Qu’il y a déjà eu trop de victimes. » (Nancy B.-Pilon, p.9)

 

« Mon immense culpabilité ne faisait pas le poids face aux conséquences de mon autodénonciation. Je préférais vivre avec la lourdeur de mes remords plutôt qu’avec la dangereuse légèreté d’une conscience tranquille… » (Samuel Larochelle, p. 107)

 

« Qu’il s’approprie ton corps, le seul que t’as, celui avec lequel tu vas devoir vivre jusqu’à la fin de ta vie, le fixer droit dans les yeux dans le miroir tous les jours, le regarder vieillir, celui dont tu te serviras pour voyager, aimer, nourrir tes futurs enfants, ton corps. […] La réalité, elle laisse une tache qui partira jamais. Elle pâlit, tu t’habitues, et ça pourrait toujours être pire. Mais ton corps, le seul que t’as, tout ce que t’es, est taché un peu. Pour toujours. » (Gabrielle L. Collard, p.176)

 

MA NOTE

Ma note en tasse de théMa note en tasse de théMa note en tasse de théMa note en tasse de thé



Laisser un commentaire