Parler d’argent : en avons-nous vraiment besoin?

Parler d’argent, c’est tabou. On ne parle pas de notre salaire, de nos épargnes et encore moins de nos dettes, mais on n’hésite pas à montrer nos plus récentes acquisitions à nos proches. On est fier de ce qu’on possède, parce qu’on a dû tellement faire de sacrifices pour en arriver là, pour réussir. Et puis, c’est possible, c’est accessible et tellement facile d’obtenir tout ce qu’on veut : pourquoi faudrait-il s’en priver? Le système est fait comme ça, on en profite.

 

Parler d'argent : en avons-nous vraiment besoin?

 

Et si tout cela ne tenait qu’à un fil? À la fin de janvier 2019, une enquête dévoilait que 46 % des Québécois et des Québécoises étaient à 200 $ ou moins de l’insolvabilité financière après avoir payé toutes leurs factures et leurs dettes mensuelles. Cela veut dire que, si un imprévu par exemple une dépense supplémentaire n’ayant pas été budgétée ou une augmentation du coût de la vie ou celui des intérêts devait survenir, ces personnes ne pourraient payer et s’endetteraient davantage. Cela les mènerait, au mois suivant, à la faillite, à moins qu’elles ne réussissent à trouver miraculeusement l’argent nécessaire pour payer les factures. Ne trouvez-vous pas cela effrayant?

 

Éliminer l’anxiété financière

 

Selon le gouvernement du Québec, une des principales sources de stress quotidien au Québec seraient les problèmes financiers. C’est dommage, car même si on dépend de l’argent pour survivre, il existe des solutions pour éviter qu’il contrôle entièrement nos vies.

 

Si parler d’argent et de finances n’était pas autant tabou, l’anxiété financière aurait, selon moi, beaucoup moins d’emprise sur nos vies. Et si tout le monde pouvait bénéficier d’une éducation non biaisée sur la gestion des finances personnelles, ce serait beaucoup plus facile de prendre des décisions éclairées pour notre bien-être et celui de notre famille.

 

En ce qui me concerne, même si je ne considère pas mes connaissances en matière de finances personnelles très élevées, j’ai eu la chance d’avoir des parents qui ont su m’expliquer tôt la valeur de l’argent et l’importance d’épargner. Puis, j’ai eu l’occasion de choisir un cours de finances personnelles au cégep (ce qui est beaucoup trop tard dans le parcours scolaire à mon avis, car ce n’est pas tout le monde qui se rend jusque-là) pour mieux m’éduquer sur cet aspect peu attrayant de la vie d’adulte, mais tellement important. Ce dernier m’a beaucoup éclairée, même s’il était construit précisément sur l’idée de la consommation, afin de correspondre au modèle actuel de notre économie.

 

Réfléchir à mes finances personnelles

 

Depuis que je suis sur le marché du travail, je dépense très peu. Je dirais même que je vie en-dessous de mes moyens pour des convictions qui m’appartiennent. J’aime mon mode de vie simple qui ne m’apporte aucun stress ou anxiété financière… pour l’instant.

 

J’avoue que mes choix différents des autres personnes de mon âge m’ont parfois amené à me questionner, surtout que le regard des autres peut devenir pesant. Je me suis demandé si c’était par manque d’ambition si je n’avais pas envie d’une maison maintenant, d’une voiture « d’adulte », de la plus récente technologie en matière de téléphone cellulaire, etc.

 

Puis, j’ai lu En as-tu vraiment besoin? de Pierre-Yves McSween. Sa vision, semblable à la mienne, m’a confirmé que, non, ce n’est pas un manque d’ambition de ma part. C’est seulement une façon plus froide et logique de voir les choses. Ça m’a enlevé un poids sur les épaules de voir que McSween, bien qu’il mène une brillante carrière, aspire à une vie simple et à une liberté financière tout comme moi. Ce n’est pas parce que je gagne bien ma vie que je suis obligée de me procurer ce dont je n’ai pas besoin pour faire comme tout le monde.

 

Gérer tes finances, t’en as vraiment besoin!

 

Déjà que l’argent et les finances est un sujet tabou, le livre aborde toutes sortes de choix de vie tous plus tabous les uns que les autres, que ce soit les dettes ou la faillite personnelle; que ce soit la voiture ou les dernières technologies; que ce soit les enfants et la gestion des finances d’un couple, etc. Je vous le dis, ça réveille.

 

La question « En as-tu vraiment besoin? » se pose à tout, mais strictement du point de vue financier, on s’entend. C’est donc normal de ne pas toujours être parfaitement en accord avec les propos de l’auteur, d’autant plus que sa façon d’écrire est assez directe et sa position, entièrement rationnelle. Néanmoins, l’usage de l’humour et du questionnement adoucit le propos. Je vous laisse une citation en exemple, ici :

 

« Le désir n’est pas rationnel, il emprunte sur l’épargne-retraite, sur le budget d’épicerie, et nous pousse à nous payer des choses sans importance dans l’immédiat. Le désir a le don de vider notre cerveau de son sang et de nous empêcher ainsi de réfléchir. On passe de la rationalité à l’impulsivité. »

 

En as-tu vraiment besoin? remet en question l’influence négative sur nos vies de la surconsommation et de « l’analphabétisme financier ». Il répète également, du début à la fin, l’importance d’une marge de manœuvre financière pour couvrir les imprévus et pour s’offrir une liberté et une paix d’esprit que trop peu de gens se permettent.

 

Enfin, ce livre est vraiment accessible à tout le monde. Il est bien vulgarisé et je crois que les personnes qui ne s’intéressent pas nécessairement à la finance pourraient, en plus d’apprendre beaucoup, apprécier cette lecture des plus nécessaires. Bref, que tu fasses partie de la catégorie de personnes « intéressées » ou celle des « pas intéressées » à la finance, si tu lis ce billet de blogue et que tu n’as pas encore lu cet ouvrage : oui, tu as vraiment besoin de le lire! (Pssst! Tu n’es pas obligé de l’acheter. L’emprunter à quelqu’un ou à la bibliothèque, c’est correct aussi 😉 )



2 thoughts on “Parler d’argent : en avons-nous vraiment besoin?”

  • J’avoue que je l’ai trouvé plutôt moyen ce livre… Je m’attendais à beaucoup plus étant donné tout le battage médiatique dont il a fait l’objet. J’ai eu l’impression de ne lire que des choses que je savais déjà…

    • Alors, peut-être qu’il ne s’adressait pas à toi 😉 J’ai eu la même réflexion au début. Je ne crois pas faire partie du public cible, car beaucoup d’arguments ou d’informations m’apparaissent comme une évidence. Mais l’idée est bonne! C’est pourquoi, je n’ai pas fait une chronique sur le livre en tant que tel, mais que j’ai poussé ma réflexion plus loin sur l’éducation financière. Mon point est que je pense que beaucoup de personnes gagneraient à le lire. Quand on voit les statistiques, on ne peut que se demander comment les gens font pour vivre! Je trouve ça formidable que les gens puissent avoir accès à de l’information vulgarisée comme ça.

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