La romance et moi

Mercredi dernier, c’était la Saint-Valentin. Voilà donc l’occasion idéale pour écrire sur la romance à défaut d’avoir une chronique à vous présenter… Je vais peut-être vous décevoir, mais je n’aime pas beaucoup la romance que ce soit dans la littérature ou au cinéma. Pourtant, à mon avis, je suis une grande romantique, car je crois en l’amour pour la vie lorsque les acteurs et les actrices d’une relation amoureuse travaillent fort dans l’atteinte de ce but commun. Or, j’ai l’impression que les romances restent à la surface des relations de couple, sont bourrées de clichés et présentent malheureusement des facettes qui ne mettent pas du tout les femmes en valeur.

La romance et moi

Je ne mentirai pas en vous avouant que, lorsque j’étais enfant, je rêvais d’être princesse et de trouver mon prince charmant. J’étais une grande admiratrice des films de Disney. Je faisais jouer des scénarios en boucle dans ma tête de la rencontre au premier baiser. Avec le temps et avec mes expériences personnelles, j’en suis venue à comprendre que la relation après le premier baiser n’est pas acquise. J’ai fini par comprendre qu’il fallait faire des efforts pour garder un couple uni. J’ai fini par comprendre la véritable définition de l’amour.

 

Or, dans les romances, on n’aborde que rarement le « après », la véritable construction d’une relation saine, heureuse et amoureuse. On insinue que « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants » est effectivement le seul dénouement possible, alors que c’est rarement le cas. J’ai l’impression que nos attentes deviennent parfois un peu trop élevées par rapport à ce qui se passe vraiment dans la réalité : les disputes, les épreuves, les malentendus, la jalousie, l’infidélité, mais aussi le pardon, la réconciliation, les compromis, les efforts, les bonheurs de la vie quotidienne, etc.

 

Bien entendu, nous ne sommes pas toutes et tous entièrement dupes et, en tant qu’adulte, nous savons faire la différence entre un film et la réalité (par contre c’est plus difficile à faire pour un enfant : copier-coller ici l’exemple des princesses de Disney et moi mentionné au paragraphe précédent). Je crois que beaucoup aime ce genre de littérature ou de film, car c’est léger et on peut mettre son cerveau à off pendant un moment.

 

Malheureusement, de mon côté, je n’arrive pas à accrocher ou même à prendre les romances au sérieux, car elles sont souvent bourrées de clichés. Je suis tout le temps en train d’éclater de rire au moment où ce n’est pas censé être drôle, de commenter mon désaccord avec le déroulement de l’histoire et de tempêter contre les innombrables stéréotypes et les sempiternelles triangles amoureux (hétéronormatifs). Le problème est que je suis incapable de mettre tout ça de côté. Mon copain et moi avons tous deux la fâcheuse tendance à tout analyser. En fait, je vous conseille de ne pas venir écouter de films dans notre salon si vous voulez la paix, car vous n’aurez jamais trouvé ces deux petites heures aussi interminables à force de nous entendre tout commenter!

 

Un autre facteur qui me fait grincer des dents est que les femmes représentées dans les romances sont rarement intéressantes. Elles se languissent de tomber en amour, ne pensent qu’à l’homme de leur rêve, ont une faible estime d’elles-mêmes, se remettent toujours en question lorsqu’elles font face à une difficulté ou s’apitoient simplement sur leur sort.

 

Dans la vraie de vraie vie, les filles et les femmes ne pensent pas qu’à l’amour et aux garçons. Dans la vraie de vraie vie, quand j’ai fini par comprendre que je ne me définissais pas uniquement par une relation de couple, que j’étais une personne à part entière avec des intérêts variées, des qualités, des défauts, des aspirations, des rêves, des émotions, des sentiments et des idéaux, j’ai commencé à m’aimer, à me trouver forte, à me trouver intéressante à mes propres yeux. Je n’essayais plus de plaire aux autres, mais de plaire à moi-même. Je travaillais pour devenir la personne que j’avais envie de devenir. Le problème, c’est que j’ai toujours l’impression que les romances me projettent l’image d’une femme qui n’est forte qu’une fois qu’elle a trouvé sa douce moitié. Seule et célibataire, il serait pratiquement impossible d’éprouver du bonheur et de vivre une vie épanouie.

 

D’ailleurs, ce problème ne se constate pas que dans les romances, mais aussi dans d’autres genres. Par exemple, pour le montrer, Allison Bechdel a créé en 1985 le Bechdel Test qui consiste à juger l’apport des personnages féminins dans les films. On remarque que la majorité ne passe pas le test. Toutefois, j’admets que j’ai l’impression que la tendance commence tranquillement à tourner et qu’on retrouve de plus en plus de personnages féminins réalistes avec des préoccupations variées comme en ce qui concerne les plus récents films de Disney par exemple.

 

Finalement, pour toutes ces raisons, je n’ai que très rarement envie de lire de la romance ou d’écouter une comédie romantique. Vous ne trouverez d’ailleurs pas beaucoup de chroniques à ce sujet sur mon blogue. Par contre, je ne dis pas que je suis contre toutes les histoires d’amour dans la littérature ou dans les œuvres cinématographiques. Au contraire! Ce serait mal comprendre ce que je veux expliquer dans cet article. J’aime les histoires d’amour lorsque les femmes sont représentées de manière plus réaliste, lorsqu’il y a moins de clichés et lorsque les relations amoureuses se construisent sur une base solide. De plus en plus, je préfère écouter les séries télévisées aux films, parce je trouve qu’on a plus le temps de construire des personnages et des histoires plus complexes et plus près de la réalité. Enfin, peut-être que je n’ai vécu que de mauvaises expériences vis-à-vis ce genre littéraire et cinématographique. Si vous avez des suggestions qui pourraient changer mon avis à ce sujet, je suis preneuse! Je pense que je peux toujours être agréablement surprise. Sait-on jamais…

 



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