La ballade de l’impossible – Haruki Murakami

L’été dernier, je visitais pour la première fois l’appartement d’un ami. La première chose que j’ai remarqué en entrant, c’est bien sûr sa superbe collection de livres disposée sur les tablettes au-dessus du bureau de travail. Je n’ai pas pu m’empêcher de lui demander si je pouvais lui en emprunter quelques-uns. Il a été très gentil d’accepter et m’a entre autres prêté La ballade de l’impossible de Haruki Murakami, écrivain japonais contemporain plusieurs fois primé pour ses œuvres. J’étais très enthousiaste à l’idée de lire ce roman, car je n’avais encore jamais lu de littérature japonaise et je me disais que de commencer avec un écrivain aussi reconnu à travers le monde ne pouvait qu’être une belle découverte. Or, il se trouve que cette lecture m’a plutôt déconcertée. Je vous explique pourquoi dans cette chronique.

 

La ballade de l'impossible de Haruki Murakami
La Ballade de l’impossible N. éd., MURAKAMI, HARUKI © 10-18 2011

 

L’HISTOIRE EN BREF

Les souvenirs de son adolescence et de sa vie de jeune adulte viennent assaillir Watanabe lorsqu’il entend Norwegian Wood des Beatles durant un voyage en avion. Dès lors, il se remémore ses études secondaires durant lesquelles il se lie d’amitié avec Kizuki et sa copine Naoko. Puis, après le suicide de son meilleur ami, il déménage à Tokyo et se réfugie dans ses livres et ses études universitaires. Au bout de quelque temps, il retrouve par hasard Naoko pour qui il développera des sentiments qui le bouleverseront. Mais cette dernière, encore très affectée par le décès de Kizuki, doit combattre la maladie et entre dans une maison de repos où Watanabe lui rendra visite. Entre temps, il rencontre Midori, une étudiante de sa classe pour le moins déroutante, avec qui il vit des émotions qui viennent complexifier sa relation déjà ambiguë avec Naoko.

 

MON AVIS EN QUELQUES POINTS

  • J’ai aimé lire sur une culture différente de la mienne, même si elle est très occidentalisée. Dans ce roman, beaucoup de références culturelles comme la musique et à la littérature n’étaient pas très éloignées des miennes. Néanmoins, j’ai pu en apprendre davantage sur la culture culinaire du Japon, ce qui était très satisfaisant.
  • J’ai aimé la plume captivante de Murakami. Même si le rythme est lent, je ressentais le besoin de continuer de lire. L’écrivain écrit avec beaucoup de détails pour éveiller les sens et rendre les scènes réalistes. L’usage de l’imagination n’est pas des plus requis dans ce roman.
  • Par contre, malgré toutes les descriptions minutieuses, j’ai trouvé l’histoire vide de sens. Les thèmes abordés tels que la dépression, la mort et le passage à la vie adulte sont des sujets complexes et qui, habituellement dans mes lectures amères, me font réfléchir et m’émeuvent. Cette fois, cependant, c’était juste trop exagéré pour que ce soit crédible. Comme si le message s’est dilué dans le trop grand nombre de suicides qui se produit dans l’histoire. Je n’ai pas mordu à l’hameçon.
  • En plus de tous ces suicides, il y avait énormément de scènes de sexe inutiles. Détrompez-vous, je ne suis pas prude là-dessus. Par contre, quand ça n’amène rien à l’histoire, ça devient ennuyant et, encore une fois, peu crédible. Surtout que les femmes que le personnage principal choisit « inconsciemment » pour avoir ses rapports sexuels sont toutes dysfonctionnelles, émotives ou souffrent de troubles émotionnels… mais sont toutes très jolies. Outch!
  • Enfin, il semble que, selon mes recherches, ce roman ne serait pas le meilleur de l’écrivain, même s’il est son plus populaire! Je crois donc que je relirai un Haruki Murakami un jour pour comparer mes deux expériences de lecture. Parfois, la première impression n’est pas la bonne, n’est-ce pas?

 

MES CITATIONS FAVORITES

« Ce n’était pas mon bras qu’elle cherchait mais un bras. Ce n’était pas ma chaleur qu’elle cherchait mais une chaleur. J’étais gêné de n’être que moi. » (p.48)

 

« Je lisais et relisais mes livres, et, fermant les yeux de temps en temps, j’aspirais profondément leur odeur. D’ailleurs, le seul fait de respirer l’odeur d’un livre et d’en feuilleter les pages me rendait heureux. » (p.50-51)

 

« Il avait pour principe de ne lire que les auteurs morts depuis au moins trente ans. Il me disait que c’étaient les seuls en qui il avait confiance.

– Je ne dis pas que je n’ai pas confiance dans la littérature contemporaine. Mais je ne veux pas gaspiller un temps précieux en lisant des œuvres qui n’ont pas reçu le baptême du temps. La vie est courte. » (p.52)

 

MA NOTE

 

 

 

 

 



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