Comment devenir un monstre – Jean Barbe

J’ai acheté Comment devenir un monstre de Jean Barbe tout à fait par hasard à l’été 2017, pour le mouvement national Le 12 août j’achète un livre québécois. Je souhaitais repartir avec trois livres très différents que je ne connaissais pas. Son titre m’a tout simplement accroché. Ce n’est qu’après sa lecture, en faisant quelques recherches, que j’ai appris qu’il était bien connu du milieu littéraire québécois et qu’il avait même gagné plusieurs prix au début des années 2000. C’est à mon tour d’écrire ce que j’en ai pensé.

 

Comment devenir un monstre , BARBE, JEAN © LEMEAC 2016
Comment devenir un monstre , BARBE, JEAN © LEMEAC 2016

 

L’HISTOIRE EN BREF

Un homme ordinaire trouve un sens à sa vie dans la guerre civile. Un avocat fuit la sienne dans l’alcool. Ils se rencontrent alors que le deuxième est convoqué par Avocat sans frontières pour défendre le premier devant les tribunaux d’un pays étranger. François Chevalier déterrera un à un les souvenirs de Viktor Rosh, surnommé le « Monstre », qui refuse de parler depuis qu’il a été fait prisonnier. Comment un homme ordinaire que rien ne prédestinait à la folie peut-il commettre des crimes de guerre aussi horribles? C’est ce que l’avocat tentera de comprendre, non sans bouleverser sa propre vie.

 

MON AVIS EN QUELQUES POINTS

  • Quelle claque au visage! Ce roman m’a forcée  à réfléchir sur la nature sombre et complexe de l’être humain et il m’a fait remettre en question mes notions du bien et du mal. La haine, la souffrance, la mort, le pouvoir; rien n’est joyeux dans cette histoire… mais tous les éléments y étaient pour que je l’apprécie beaucoup.
  • Dès le premier chapitre, mon attention a été captée par le ton plutôt désinvolte que l’auteur nous sert dans ces quelques phrases :

« Je lui ai tiré une balle entre les deux yeux. Il est tombé. Le silence est revenu. C’était la première fois.

La première fois que vous avez tué?

La première fois que je me suis senti à ma place dans l’univers. » (p.13)

Le ton désinvolte sur lequel le monstre raconte son histoire a rendu plus facile ma lecture tout en me rendant mal à l’aise de la situation. Comment réussit-il à rester aussi froid, aussi distant, aussi peu repentant?

  • La trame narrative rythmait bien le roman. L’alternance des narrations racontent les points de vue des deux personnages principaux, soient celui de l’avocat à la recherche de la vérité et celui du criminel qui raconte sa vision de la vérité. Dans les deux cas, je me suis bien rendu compte qu’aucun des deux ne me servaient de réponses précises aux questions philosophiques soulevées. Il y a des choses qu’on ne peut parfois pas expliquer.
  • Il reste que ces questions restées en suspens m’ont donné l’impression de ne pas tout saisir, d’avoir laissé glisser quelques détails. Je crois que si je le relisais plus tard, je pourrais comprendre de nouvelles choses ou entrevoir de nouvelles pistes de réflexion sur certains détails de l’histoire.

 

MES CITATIONS FAVORITES

« Étais-je malheureux? Je gagnais ma vie. On est toujours un peu malheureux de devoir gagner ce qui à la naissance nous a été si généreusement donné. D’où un sentiment de révolte ravalé tous les jours qui forme à l’estomac une boule bien dure qui porte le nom d’angoisse. Disons que je n’étais pas heureux. » (p. 53-54)

 

« Vous avez choisi de croire que la vie humaine n’était rien, à moins qu’elle ne vous soit proche. […]Les autres n’ont pas de valeur en soi, à moins que vous ne leur en accordiez une. [D]e quel droit pouvez-vous décider qui mérite de vivre, qui de mourir? » (p. 383)

 

MA NOTE

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